Trail des passerelles 2016

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Trail des passerelles 2016

Message  L'alchimiste le Dim 7 Aoû - 17:22

Chaque course a une histoire et le 1er chapitre de celle-ci débute fin août 2015 dans les Pyrénées, eh oui, Thomas (mon frangin) est venu accompagner mes parents pour nous suivre moi et Seb sur le Tour des Cirques (que je n’ai pu terminer à cause de trop nombreux vomissements : arrêt un peu avant le 80ème Km).  En effet, c’est la 1ère fois qu’il vient assister à un ultra et l’idée de se lancer ce type de défi lui plaît bien : à la fin du week-end il me dit : « Essaie de nous trouver une course en montagne à faire ensemble l’an prochain, ça me dirait bien d’essayer ! »

Nous voilà donc à Noël, au chapitre 2, j’offre à Thomas un dossard pour la course de son choix parmi une liste de 5/6 courses : Ultra trail des corsaires, ultra Trail de Bretagne, 6000D, Trail du Mont Cenis, Ultra trail Vanoise et  Grande course du trail des passerelles. santa

Chapitre 3 : il a fait son choix :

Corsaires : trop près de Noël
Bretagne : trop de Km
6000D : trop « pas cool » : montée 3000 et descente 3000
Trail Mont Cenis : trop long
Ultra Vanoise : trop haut et très tôt l’été
Reste Les passerelles : 65 Km et 3500+ : c’est parti l’inscription se fait dans la foulée. cheers

Chapitre 4 : On est dans la place

Nous voilà donc la veille du départ au retrait des dossards et nous inscrivons les enfants aux mini-trails : ils nous montreront la voie en se classant 2è et 3ème sur la course des 2001/2004 (Ethan et Quentin) puis 3è et 20ème sur la course 2005/2008 (Loan et Enzo).



Thomas et mes parents passent manger avec  nous au camping, pizza bière of course… puis on se quitte en se donnant RDV le lendemain matin à 5h sur la ligne de départ.
Réveil un peu avant 4h, « p’tit’ déj. » express au cul de la voiture et nous voilà partis pour La Mûre où l’on trouvera une place à 15 mètres de la ligne de départ (n’est pas roi du parking qui veut !!!  cheers )

Petit clip sur la place de la mairie, le briefing, les barrières sont reculées de 15’ (sans doute à cause de la chaleur annoncée) et donc elles sont à 12h45, 16h15 et 17h… en tout cas, c’est ce qui nous est annoncé.




Chapitre 5 : c’est parti !!!

Le départ est donné et nous devons effectuer un p’tit tour du village de 750 mètres : petite boutade de ma part lorsque nous repassons sur la ligne de départ : « Plus que 80 tours ! » (ah ah ah, drôle le mec non ?)
bounce  bounce

Je suis censé être le « guide » de Thomas et je donne le tempo.

On part donc tranquillou, dans 1km300 : la première ascension de plus de 700 mètres.
Dès que la pente démarre, on se met à marcher, la pente est plutôt douce et donc pas compliquée musculairement mais l’ascension se fait donc doucement.
Nous voyons le soleil qui s’est doucement levé et nous voyons que la montagne est de moins en moins à l’ombre et en effet, quelques hectomètres plus loin, nous voilà en compagnie de notre meilleur ennemi : le soleil et la chaleur qu’il amène avec lui !!!
Il n’est que 7h mais j’ai déjà fait tombé les manchettes et suis en débardeur, la casquette est sortie et les lunettes sont sur le nez  mais nous voici en haut de cette première bosse.
Les 1ers photographes sont là et nous entamons la descente de 8Km  pied au plancher !

A mi-pente, les parents et Isa sont là au 1er ravito : je me force à manger du sucré et du salé afin d’éviter les problèmes dont j’ai été « victime » lors du tour des cirques.
On traîne pas trop, Thomas retire quelques couches, on remplit les camel et c’est reparti !
Un peu de route puis un super single où on double, on double et on double encore : Thomas descend comme une balle, il faut le tempérer afin d’éviter une éventuelle blessure et même la fatigue car à ce rythme, on pourrait le payer  Rolling Eyes

Puis ça remonte pour un petit 300+ pour atteindre la pierre percée, nous sommes sous les caméras de l’orga (vous verrez Thomas dans le film officiel à la ….)
A la différence de la 1ère ascension, la pente est bien plus pentue et Thomas souffre davantage et il commence à me poser des questions : « La grosse ascension du milieu, la pente sera pareille tu crois ? », et comme je crois que OUI alors je lui dis : « Oui ! »  Wink

Pierre percée atteinte (superbe !) puis descente pleine balle à nouveau mais là il faut vraiment faire attention aux chevilles car c’est à travers champs et pas forcément de ligne à suivre.



Nous voilà au 23èKm où nous attendent à nouveau nos suiveurs mais avant de discuter avec eux, nous devons passer dans la mine : 200 mères dans un étroit couloir éclairé par de petites loupiottes : sympa !

On reste 8/9’ au ravito, boisson, mangeage, mon frère coupe les dragonnes de ses bâtons et c’est reparti, on repart en trottinant le long d’une voie ferrée toute droite et pas fun  Mad  mais je m’accroche avant la  re-grimpette de 280+ et redescente dans les champs et en sous-bois : sympa. Very Happy

On a toujours le Sénépy (notre grosse montée) sur notre gauche ou en face, Thomas le regarde, me questionne, s’inquiète… 1200+ que l’on devra bientôt affronter.



Nous voilà au 30ème Km (c’était annoncé le 28ème) en 4h30 de course : 10’ de pause avec la team, on se rafraîchit sous un brumisateur géant : il est 10h et il fait déjà très chaud mais pour le moment, tout va bien, on perd pas trop de temps dans les montées et on DOUBLE à donf dans les descentes…



Rafraîchis que nous sommes, on fait une dernière photo devant le Sénépy que Thomas redoute puis nous quittons la famille qui nous attendra bien au-delà du Sénépy au 57èKm : nous leur annonçons 5 grosses heures. Mais avant 1200+ !


Chapitre 6 : ça devient dur !

Nous voilà donc reparti, ça descend, ça descend et ça descend pour arriver légèrement en contre-haut du lac de Monteynard que nous longeons et observons d’une voie ferrée désaffectée : c’est très joli mais pas pratique pour courir. Je sens que Thomas a des fourmis dans les jambes mais vue la difficulté qui nous attend, je préfère temporiser et profiter du paysage.

Une petite bosse : Thomas : « Ca y est on est dans le Sénépy ? » « P’t’être bien mais j’pense pas !!! » « Ah ! » et en effet, ça redescend un peu ? re tite bosse Thomas : « Ça y est on est dans le Sénépy ? » « P’t’être bien mais j’pense pas !!! » « Ah ! » et ça redescend… puis nous traversons une petite rivière et entamons une jolie pente en sous-bois : Thomas : « Ça y est on est dans le Sénépy ? » « oui je pense ! »

Alors c’est parti, on va bientôt le savoir car il y a une ravito après 200+ de grimpette… la pente n’est pas trop forte pour le moment et on retrouve bien vite la ravito… on se pose 5’, on arrose la casquette et le t-shirt et je dis à Thomas « Allez, on débranche le cerveau et on est parti pour 2h de grimpe ! »
On se cale sur mon rythme, je serai la locomotive… l’allure est pas mal, on avance tranquillement mais surement, on double les coureurs qui se mettent sur le bord du chemin pour souffler, ça avance, ça avance. On est bien dans des pentes comme nous les avons eues plus tôt et Thomas a du mal… mais il s’accroche puis devant nous, UN MUR, pas bien long mais ça casse le moral et les jambes : arrivés en haut, je me pose sur le côté pour laisser souffler Thomas. On repart après quelques secondes mais quelques hectomètres plus loin : re MUR… pppfff On est droit dans la pente : DUR DUR !  pale  pale

On croise un couple qui descend et la femme nous dit : « ils sont fous de vous faire passer par là, y a un chemin moins pentu juste derrière.. » et son mari (ou pas…) « Encore 2 bons coups de cul puis ça redevient moins pentu » ! Allez, on repart et en effet, le 1er coup de  cul va faire mal, la pente est à plus de 50% (d’après mon GPS) et le rythme devient bien lent, une fois en haut de ce dernier, on s’assoit sur le bord du chemin pour manger un bout et prendre un gel. Des coureurs nous doublent, on les encourage, ils font de même, on se dit qu’il faut quand même être con pour s’infliger ça etc… puis on repart quelques minutes plus tard en laissant la place toute chaude aux suivants  Smile

Quelques centaines de mètres plus loin, on voit ceux qui nous ont doublés assis sur le bord pour eux aussi grignoter un truc. On avance, on avance… mais Thomas fait des pauses de plus en plus régulières… je laisse donc 2 gars nous doubler à l’allure d’un escargot (un vieil escargot même) lorsque nous sommes arrêtés puis dis à Thomas « ça te va si on se cale sur leur rythme ? ils vont pas vite mais ils avancent ! » « OK »
Et nous voilà donc dans les pas de 2 gars… perso, je suis facile à ce moment-là, c’est très lent mais ça fait du bien à Thomas et on avance… On se fait doubler par une nana « Vous savez combien il reste à grimper ? » « Encore 300 m. d’après mon GPS ! »
Le 2ème coup d cul est là mais on garde le rythme… Quand nous voilà sortis des arbres, on voit le sommet  cheers
Un bénévole nous dit « Encore 150+ », on dirait pas, et pour cause, ce n’est pas le sommet que nous voyons.

C’est le moment que je choisis pour lâcher nos 2 compères et « accélérer », je les double, Thomas est juste derrière puis je rattrape et double la nana, ça y est je vois le sommet, je garde l’allure et une fois en haut, re re « ça y est je vois le sommet !!!! » GGrrrr,  2 fois qu’on pense être en haut mais cette fois, c’est la bonne !!!
J’y arrive après 2 heures PILE de grimpette (à la minute près) (le vainqueur du Km vertical qui a eu lieu ici jeudi a mis 45 min’) , je me retourne pour voir comment va Thomas mais… bah il est où ??? je ne le vois pas : ni près, ni loin !!!

Je m’assois, fais quelques photos (Ecrins derrière, Vercors à droite, le lac en bas, les passerelles à gauche) , vidéo puis je le vois au 2ème pseudo-sommet, il monte la crête tranquillement et arrive 8’ après moi : « J’ai dû m’asseoir  5’ pour manger car j’ai cru que j’allais mourir : PLUS DE JAMBES, PLUS DE SOUFFLE : HORRIBLE !!! »




Qu’à cela ne tienne, nous voilà repartis, la fin de la crête en marche rapide et nous entamons la descente pieds au plancher : on double, on double,  c’est très technique, pentu, de grosses marches et tout le monde descend à tâtons.

Puis nous voilà sur un chemin carrossable qui descend doucement, Thomas part à fond, moi, moins, je trottine, trottin puis je prends un coup de chaud, j’ai besoin de ralentir, pour la 1ère fois en course j’ai envie de melon ou pastèque !!!!  C’est dur pour moi, je meurs de chaud et les jambes répondent plus.
Nous voilà au ravito après 8h de course et là on va profiter : nous resterons 18’… ce qui est sans doute trop mais je trouve de la pastèque (incroyable !!!  cheers  ), il y a de quoi s’arroser, j’irai 2 fois, Thomas de sépare de tout le superflu dans son sac (scotch ???, couverture de survie) puis il va s’allonger.

Là, les gars qui s’étaient arrêtés manger dans la montée : un abandonne, celui qui disait qu’on était con de s’infliger ça abandonne…

Et donc après 18’, on repart non sans s’arroser une dernière fois.
Je dis à Thomas qu’on est au 46ème « Yeess , plus que 19… » sauf que sur le profil de course, on est au 41ème et donc encore 24… Thomas prend un grand coup au moral « QUOI ? C’est n’importe quoi, c’est pas normal etc… »  (comme dirait Jornet, « More Km, More Fun »… mais on est pas Kilian !!!) Il est dégoûté mais toujours motivé.
J’en peux plus, j’ai CHAUD, j’ai CHAUD, j’ai CHAUD ! sunny  sunny  sunny  sunny  sunny  Un lavoir, je me re-arrose

Une petite heure plus tard, nous voilà au ravito 48ème (53 au GPS), barrière horaire de 16h15 et il est 14h45…
On a un peu de marge.
On s’assoit à l’ombre, je m’arrose de la tête au pied, on boit un coup et 8’ après nous voilà repartis avec une nouvelle info : la dernière côte est horrible, « on y touche le menton par terre !!! »



Allez, on descend direction les passerelles, ça descend et donc ça trottine un peu… et nous voilà à la passerelle du Drac 10’ plus tard : c’est superbe !



On traverse à 80 mètres au-dessus de l’eau puis il faut remonter à peine 200 mètres mais ceux-ci me seront fatals !
A nouveau les sensations qui m’ont envahi lors du tour des cirques, hauts de cœur dès que je suis dans l’effort et vue la pente, je suis dans l’effort !!! Une 1ère petite pause dans un lacet, j’annonce à Thomas que je suis vraiment pas bien mais on repart vite, quelques minutes plus tard, je dois m’agenouiller à l’ombre pour tenter de vomir, 2 ou 3 hauts de cœur mais ça veut pas sortir… Thomas me dit qu’on peut s’arrêter un peu ( il reste 1h30 la barrière et un peu plus de 7Km ) mais je vois venir cette foutue dernière barrière horaire et refuse de m’arrêter, je m’arrêterai  à la barrière si on a le temps. On a mis 40’ pour faire ces 2,5Km et 200+  Sad

On continue à grimper, nous voici sous un petit ravito non prévu organisé par les équipes de secours, je m’assois et demande s’ils ont quelque chose pour les maux de ventre car j’ai envie de vomir… Hic : si j’ai vomi, les secours m’empêchent de repartir donc je dis que je plaisantais, que tout  va bien et on repart :-P
Sauf que ça va pas du tout… maintenant, on redescend en sous-bois vers la 2nde passerelle où nous attendent les enfants… le sentier est TOP pour trottiner mais si je fais un effort…

Ah… je reconnais une silhouette au détour d’un virage, Ethan est là… « ça va ? » « Non »  Crying or Very sad  Crying or Very sad

On marche vite, on retrouve Loan, Quentin, Enzo, Isa puis mes parents après la passerelle.
Je dois à nouveau m’asseoir  3’ car ça va pas… mais la barrière approche très vite !!! On repart en marchant vite et nous voilà à 16h52 à la barrière du 58ème (plus de 63 au GPS) restent 7 Km dont une grosse bosse de 500+.

CHAPITRE  7 : Epilogue

Sauf que lorsqu’on arrive, on nous annonce que le serre-file est parti depuis 7’ et qu’on ne pourra pas terminer le parcours et qu’on sera orienté vers le parcours de repli : 3Km de route vers l’arrivée et que nous serons classés dans un autre classement. On discute, on questionne, on reparle du briefing où 17h avaient été annoncés car même si je suis exténué, je n’ai pas du tout envie d’abandonner, je suis encore prêt à souffrir 1h30 !!!
Rien n’y fait : c’est assez logique car les secours en sont déjà à… beaucoup d’interventions dans cette dernière bosse (dont une au talkie en direct quand nous sommes là…).
C’est donc déçus et sans avoir envie de courir que nous terminons ces 3 Km avec Isa.

On termine tranquillou puis passons la ligne déçus mais tout de même contents d’avoir effectué plus de
65Km et 3000+ en 11h56

et nous nous classons

223 et 224ème sur 268 arrivants  Neutral  Neutral

, plus de 50 abandons sur le parcours.



Nous avons grimpé 26Km et 6h09 avec une pente max de 53.5%, descendu 27Km et 3h38 avec une pente à 31.5%.

Il nous reste plus qu’à aller se mettre dans l’eau du lac…. Qu’elle est froide !!!!!!  GGGrrr…



Thomas se fera ramener par mes parents et dormira de A à Z sur le chemin du retour.

Moi, je suis pas bien, peu d’appétit, je me couche avec de la fièvre… je resterai sans douleur mais sans envie de rien faire pendant 2 jours : je suis vidé !!!
C’est donc confirmé, je ne supporte pas la chaleur (oui 30° c’est chaud !!!) , je suis un « coureur » d’hiver et j‘arrêterai de me plaindre lorsque la pluie arrivera car c’est avec elle que je suis le meilleur… le moins pire !

Remerciements :

Encore une fois, je tiens à remercier tous ceux qui nous ont soutenus lors de cette longue promenade :
Seb, Mag, XR pour leurs SMS  et coups de fil.

Notre team d’accompagnateurs : mes parents, les enfants et Isa qui ont une fois de plus été au TOP, toujours présents et efficaces : c’est GENIAL !!! MERCI ! cheers

Bien sûr, je suis désolé d’avoir « gâché » la fin de course de mon frère, je me devais de l’emmener au bout mais mon organisme m’a joué des tours, on y serait allé si on nous avait laissé faire mais ce ne fût pas le cas  Sad Une prochaine fois…

La vidéo de cette édition est par là :

On nous voit au départ et on voit Thomas de la 25è à la 28me seconde :

https://vimeo.com/175575148
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Re: Trail des passerelles 2016

Message  vilcoyote le Jeu 11 Aoû - 21:37

BRAVO DAVE ET THOMAS pour cette course difficile (à voir le petit film, c'est aussi magnifique que ça a l'air difficile !).... Surprised
Tu as surement dû prendre un sacré coup de chaud (ça m'était arrivé l'année dernière dans les gorges du Tarn sur un trail....) : c'est les mêmes symptômes....
Y'a pas à dire, tu es fait pour courir sous la pluie ou la neige.... Laughing
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